Edito

La question Harkie vue par Mme Le Pen et M. Macron

 

 

Les urnes ont rendu leur verdict ! Mme Le Pen et M. Macron se retrouveront donc au  second tour de l'élection présidentielle. Les médias de masse et les sondages d'opinion commandés par les mêmes ont, encore une fois, démontré leur efficacité et arrêtons de croire qu'il puisse exister une forme de manipulation dans tout cela ! Les journalistes font leur boulot objectivement et les sondages sont un moyen d'information parmi tant d'autres. Fermons la parenthèse...

 

Les deux finalistes, comme tous les autres candidats, ont été sollicités par  plusieurs associations pour connaitre les mesures qu'ils comptent mettre en œuvre pour l'accès à la pleine citoyenneté des Harkis et de leurs familles et la réparation légitime qui nous est due.

Rappelons que le Collectif National Justice pour les Harkis a adressé à tous les prétendants la charte des Harkis qui peut être consultée sur le site.

Il nous a semblé intéressant d'examiner attentivement les engagements des deux candidats restant en lice.

 

Nous noterons tout d'abord que Mme Le Pen comme M. Macron souhaitent procéder à un "état des lieux" , la première en demandant un bilan à l'ONAC de toutes les actions menées en faveur des Harkis et de leurs familles, le second en faisant procéder à une étude sur les indemnisations accordées aux Harkis depuis 1962, en concertation avec les associations de Harkis (nous encourageons vivement M. Michel Bernos, représentant spécial de M. Macron, sur le dossier Harki, à lire notre charte puisque l'étude y figure déjà...). 

 

Autre similitude (plutôt troublante), ni l'un, ni l'autre, ne se prononcent clairement sur la juste réparation qui est due aux Harkis, aux veuves, aux femmes divorcées et à leurs enfants.

 Mme Le Pen qui nous dit qu'elle a toujours été bercée par le martyr des Harkis (son papa lui a en a beaucoup parlé...) ne dit pas grand chose sur les mesures concrètes qu'elle compte prendre pour indemniser intégralement tous les préjudices subis.

Annoncer simplement que "le préjudice lourd doit être réparé" nous fait penser à un ancien Premier ministre qui avait le sens de la formule, un certain Jean-Pierre Raffarin qui, dans le même style,  nous disait, par exemple : "les jeunes sont destinés à devenir des adultes" !!

 

Quant à son opposant, c'est tout aussi confus, voire incompréhensible. Qu'on en juge : M. Bernos s'exprimant au nom de M. Macron nous explique que l'étude qu'il souhaite permettra une comparaison avec les autres victimes reconnues par l'Etat (victimes combattantes, victimes du terrorisme, victimes de la Shoah). 

 

 

 

 

Là aussi, nous invitons les conseillers et M. Macron, à lire notre charte qui détaille amplement les inégalités de traitement en matières d'indemnisation...

Mais puisqu'on nous parle de comparaison avec les victimes de l'holocauste (nous parlons  des victimes Juives de France), commençons par admettre que la tragédie des Harkis a, à beaucoup d'égards, de nombreuses similitudes avec celle de nos compatriotes Juifs  :

-  75 000 Juifs vivant en France ont été exterminés dans les camps de la mort nazis (24 000 étaient de nationalité française) ; les historiens français s'accordent à dire que 60 000  à

70 000 Harkis désarmés et abandonnés en Algérie ont été massacrés dans les pires conditions.

- Des milliers de Harkis ont été internés et soumis aux travaux forcés en Algérie.

Nos compatriotes Juifs ont vécu la même chose dans les ghettos en Pologne et autres pays occupés par les nazis.

De la même manière, de nombreux Harkis et leurs familles ont été parqués dans des camps en France et ont subi des traumatismes identiques.

- Enfin, les Harkis ont, eux-aussi, été victimes de spoliations financières, mobilières et immobilières.

Continuons les comparaisons et regardons objectivement ce qui a été fait au sein de la "communauté rapatriée d'Algérie", cela nous semble IMPERATIF !

 Nous verrons alors que les dispositifs dont ont bénéficié les "rapatriés de souche européenne" et les "rapatriés de souche nord-africaine", termes, rappelons-le, utilisés par les pouvoirs publics eux-mêmes, ne se sont pas appliqués de la même manière et que les sommes allouées à ces deux catégories de "rapatriés", surtout en matière d'indemnisation des biens perdus ou spoliés, ont peu profité aux Harkis et à leurs familles  !

Poursuivons les propositions Macroniennes : "En fonction des résultats de cette étude, des textes réglementaires permettront de régler les derniers contentieux rapidement et efficacement dans cette logique de réparation souhaitable".

 

Celles et ceux qui souhaitaient une loi votée par le Parlement en seront pour leurs frais !

Après tout, un décret pris par le Premier ministre a l'avantage d'une exécution plus rapide et d'éviter des controverses inutiles...

Mais cette proposition cache, en vérité, une manœuvre subtile ou plutôt sournoise : nous pouvons constater qu'il n'est pas question de considérer que tous les Harkis et leurs familles puissent prétendre à une indemnisation !

 

 

 

 

 

 

M. Macron semble penser qu'il n'y aurait que quelques dossiers à régler et ce faisant, il adopte le même raisonnement que certains Juges administratifs qui considèrent que les dispositifs législatifs et réglementaires mis en place pour les Harkis depuis 1987 ont permis de réparer tous les préjudices subis !

Curieux raisonnement qui tend à nous faire croire que les ALLOCATIONS FORFAITAIRES OCTROYEES EN 1987 ET 1994 qui n'avaient que pour seul but, LA RECONNAISSANCE DE L'ENGAGEMENT DES HARKIS AU COTE DE LA FRANCE ont permis de réparer tous les préjudices subis.

L'article 9 de la loi n° 87-549 du 16 juillet 1987 et l'article 2 de la loi n° 94-488 du 11 juin 1994 ne font nullement référence à l'indemnisation pour l'abandon et l'extermination des Harkis, pour l'internement dans les camps, pour les traumatismes subis dans les camps de la honte, ici, en France ou encore pour les biens perdus ou spoliés en Algérie.

Les arguments des Juges qui ont eu à se prononcer récemment sur des demandes indemnitaires faites par des familles Harkis sont tout aussi étranges dans la mesure où le Président de la République admet "les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des Harkis, des massacres de ceux restés en Algérie et des conditions d'accueil inhumaines des familles transférées dans les camps en France" LE 25 SEPTEMBRE 2016 et que l'on nous dit que cette faute admise en 2016 peut être réparée par des lois votées antérieurement qui ne parlent en rien de ces responsabilités !!!

 

Conclusion : la réparation de tous les préjudices que nous avons endurés, n'est toujours pas à l'ordre du jour du côté des politiques.

Côté Justice, la bataille ne fait que commencer...

 

Faites vos jeux, rien ne va plus !



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