RENCONTRE ENTRE LE PREFET CEAUX ET LES ASSOCIATIONS HARKIS DE LA REGION PACA :      UNE ENTREVUE RICHE D'ENSEIGNEMENTS...

RéDans le cadre de sa mission d'écoute avec les Harkis et leurs familles, le Préfet Ceaux a reçu le vendredi 16 mars à la Préfecture de Marseille une délégation de représentants Harkis. Une réunion censée marquer le dialogue et la concertation affichés par les pouvoirs publics...  En réalité, cette rencontre aura eu surtout l'avantage de mieux cerner la feuille de route fixée au président du groupe de travail Harkis et les véritables intentions du gouvernement sur la Reconnaissance et la Réparation qui nous sont dues.

 

"INDEMNISATION FORFAITAIRE ET TRAITEMENT PARTICULIER POUR LES HARKIS AYANT VECU DANS LES CAMPS » !

 

Dans son discours introductif, le Préfet Ceaux a tenu à rappeler que la mise en place de cette commission a été voulue par le Président Macron qui a estimé qu'il fallait régler définitivement la question Harki.

Rappelons les propos du Chef de l'Etat qui avait affirmé "vouloir aller jusqu'au bout de la question" en définissant, au préalable, "les tenants et les aboutissants de l'affaire".

Face aux critiques sur les conditions de mise en place de ce groupe de travail et sur sa représentativité très contestable (4 des 10 membres titulaires sont du Lot-et-Garonne !), le Préfet Ceaux précise qu'il a pu observer, lors de ses déplacements, le mécontentement et les nombreuses critiques sur la composition de cette commission, mais il considère ce groupe légitime, nous demandant même "de faire un effort pour le soutenir"...

 

Encore faudrait-il qu'il y ait une véritable envie de nos amis du Lot-et-Garonne de travailler en concertation avec l'ensemble du mouvement Harki !

Quand nous savons que certains de ces titulaires n'entretiennent aucune relation avec leurs suppléants (désignés par MME Darrieussecq), comment peut-on demander un soutien alors que ces représentants de la "communauté" Harki, censés défendre l'intérêt général, s'entêtent dans un discours diviseur et des revendications très catégorielles ?

 

Il n'y a pas si longtemps, le Comité National de Liaison Harki dans un communiqué faisant suite à la réunion du G12, le 11 septembre 2017, avait affirmé qu’il "ne reconnaît pas ce nouveau « G12 » dont les marionnettes ne sont pas des personnalités qualifiées représentatives de l’ensemble des associations Harkis et agissent sans concertation avec les autres présidents d’associations.

Le CNLH dénonce ce type de procédé qui s’inscrit davantage dans le « diviser pour mieux régner » que dans l’intérêt général des Harkis.

Ce nouveau groupe est à considérer comme nul et non avenu, incompétent et même insultant tant sur la forme que sur le fond par sa manière d’agir en catimini, servant davantage de mur mitoyen entre le monde Harki et le Président de la République, que de force d’actions, de propositions et de décisions allant dans le sens des revendications réelles portées par le Comité National de Liaison des Harkis depuis plusieurs années."

 

Marionnettes ? Personnalités non qualifiées et non représentatives de l'ensemble des Harkis ? Concertation ? Groupe à considérer comme nul et non avenu agissant en catimini? Force d'actions et de propositions?

On croit rêver !!!

 

Tous ces qualificatifs s'appliquent très bien à leurs auteurs qui, aujourd'hui, nous démontrent leur incompétence à tous les niveaux, incapables d'expliquer à l'ensemble des Harkis et leurs familles leur méthode (à supposer qu'ils en aient une) pour la REPARATION DE TOUS LES PREJUDICES SUBIS

Et quand ces mêmes personnes accusent les membres du G12 d'agir en catimini, nous sommes en droit, aujourd'hui, de nous demander s'il n'existe pas une collusion avec les pouvoirs publics...

 

Deux éléments nous poussent à le croire : le Préfet Ceaux a indiqué aux représentants Harkis rencontrés le 16 mars à Marseille qu'il considère qu'il y a deux catégories Harkis, ceux qui ont vécu dans les cités, les banlieues ou les hameaux de forestage et ceux qui ont vécu dans les camps.

Il affirme, en outre, qu'il n'y a pas de budget par milliards d'euros à dépenser et que s'il y a indemnisation, elle se fera sur une base forfaitaire.

C'est exactement ce qu'a dit une des représentantes, proche de nos amis du Lot-et-Garonne, lors de la réunion du 6 février, qui "demande une réparation globale et uniforme en premier lieu, assortie d’une réparation au cas par cas pour les situations spécifiques (cas de celles et ceux qui sont passés par les camps, cas de celles et ceux qui ont subi un préjudice particulier, etc…)

Ce sont là de grosses divergences qui nous indiquent les limites du dialogue tant prôné par ce gouvernement.

 

Au premier argument très subjectif exprimé par le Préfet, un des représentants Harki lui a justement rétorqué que nous devrions considérer qu'il y a DES HARKIS DES VILLES ET DES HARKIS DES CHAMPS !

Plus sérieusement, nous pourrions inviter le président de la commission à (re)lire l'argumentaire que nous avons élaboré où nous démontrons, qu'en réalité, les conséquences des politiques de relégations imposées aux Harkis et à leurs familles ont été beaucoup plus dévastatrices dans les zones urbaines que dans les camps.

Nous le redisons ici, les difficultés de cohabitation avec la population immigrée algérienne, la délinquance, l'addiction à l'alcool ou à la drogue, les suicides, etc. sont des situations qui ont été vécues d'une manière bien plus importante dans ces lieux d'enfermement que dans les camps.   

 

S'agissant de "l'indemnisation forfaitaire" dont on nous parle, nous devons avouer que nous avons du mal à comprendre cette vision des choses qui contredit "le principe de réparation intégrale qui impose une appréciation concrète du préjudice effectivement subi et qui ne peut donc pas être symbolique ou forfaitaire".

Ceci est d'autant plus incompréhensible que M. Chassard, auditeur du Conseil d'Etat et rapporteur du groupe de travail avait demandé à nos représentants de lister tous les préjudices subis, notamment ceux de la seconde génération, ajoutant : "la réparation attendue devra être basée sur des critères objectifs".

 

M. Ceaux avait, quant à lui, précisé que "les Harkis sont à même de nous faire part de leur propre évaluation de leurs préjudices".

 

Pourquoi demander de lister tous les préjudices subis et ajouter que la réparation attendue devra être basée sur des critères objectifs s'il s'agit d'octroyer aux Harkis et à leurs familles une "indemnisation forfaitaire" ?

N'y-a-t-il pas une contradiction de la part du Préfet Ceaux qui voudrait indemniser forfaitairement un ensemble de fautes différentes d'une famille Harki à l'autre ?

Comment croire que cette "indemnisation forfaitaire" sera faite de manière objective et correspondra réellement à LA REPARATION DE TOUS LES PREJUDICES SUBIS ?

Et ce faisant, les tenants d'une indemnisation forfaitaire ne prennent-ils pas le risque d'une importante contestation voire de contentieux juridiques ?

 

 

EXIGEONS DU GROUPE DE TRAVAIL LE RESPECT DE TOUS NOS DROITS, SANS DISTINCTION POUR TOUS LES HARKIS ET LEURS FAMILLES !

 

Monsieur MACRON avait pris l'engagement d'aller jusqu'au bout de la question, en définissant, ensemble, tous les tenants et les aboutissants de l'affaire, ce qui veut dire que tous les acteurs concernés doivent analyser les causes et les conséquences des conditions d'installation sur le sol français après l'indépendance accordée à l'Algérie.

Cela veut dire aussi qu'ils soient capables de déterminer toutes les fautes commises et de proposer la réparation la plus juste qui soit, en évitant de nous parler d'une "indemnisation forfaitaire" au rabais qui créerait une iniquité au sein des Harkis et de leurs familles.

 

Les représentants Harkis de ce groupe de travail qui prétendent avoir la légitimité de l'ensemble de leur communauté de destin auraient dû exiger, au préalable, que soit actée la reconnaissance symbolique des fautes admises par François Hollande, le 25 septembre 2016.

Ils doivent comprendre qu'ils ont le devoir d'agir dans l'intérêt général et de veiller à ce que l'Etat répare le plus justement possible, en conformité avec les dommages subis. 

 

Tous les autres membres, titulaires ou suppléants, doivent faire savoir au Préfet Ceaux qu'ils n'adhérent pas aux propositions formulées par un certain groupe de personnes, dont la vision étroite du problème va aboutir, à nouveau, à la mise en place de "mesurettes" pour la très grande majorité des Harkis et de leurs familles et un traitement de faveur pour une certaine catégorie qui aurait plus souffert que d'autres (pour la petite histoire, rappelons que l'IGAS a dénoncé dans un de ses rapports sur les Harkis, le traitement inégalitaire, par le passé, dont ont profité certains départements et certaines familles...)

 

RECONNAISSANCE ET REPARATION DE TOUS LES PREJUDICES POUR TOUS LES HARKIS ET LEURS FAMILLES !!!

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